M. Claude SEYWERT
Président du Conseil d’administration de l’Association d’assurance accident (AAA)
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Président du Conseil d’administration de l’Association d’assurance accident (AAA)
Claude SEYWERT
Le Forum européen des assurances accidents (« European Forum »), organisé du 18 au 20 juin à la Cité de la sécurité sociale et à la Chambre de commerce, a sans aucun doute été l’événement qui m’a le plus marqué en 2025. Vingt-trois ans après sa dernière édition au Luxembourg, il revenait à l’AAA d’accueillir à nouveau ce rendez-vous international majeur.
À cette occasion, 68 experts issus de 16 pays, représentant des organisations européennes et internationales, se sont réunis pour échanger sur les évolutions récentes en matière de prévention, de numérisation, d’accidents du travail, de maladies professionnelles et d’indemnisation. En parallèle, le Forum national Sécurité-Santé au Travail, organisé le 19 juin, a rassemblé plus de 300 participants.
La tenue simultanée de ces deux événements représentait un défi inédit pour l’AAA. Nos services « Prévention » et « Communication » l’ont relevé avec beaucoup de professionnalisme et d’engagement. La qualité de l’organisation et du programme a été largement saluée par les participants, ce qui constitue une belle reconnaissance du travail accompli par les équipes de l’AAA.
Personnellement, en ma qualité de président du Forum européen en 2025, j’ai particulièrement apprécié les échanges avec mes homologues internationaux. Au-delà des travaux et discussions, cette rencontre a également permis de renforcer les contacts avec nos partenaires européens et internationaux dans un cadre à la fois professionnel et convivial.
Claude SEYWERT
Les résultats de 2025 sont globalement très encourageants. Alors qu’en 2024 le nombre d’accidents avait déjà atteint un niveau historiquement bas et qu’il devient naturellement plus difficile de poursuivre cette tendance, la diminution s’est néanmoins confirmée en 2025, alors que le nombre de travailleurs-unité assurés a encore augmenté.
Le taux de fréquence, qui rapporte le nombre d’accidents au nombre de travailleurs-unité, a sensiblement diminué : de 9,1 % pour les accidents du travail, de 10,3 % pour les accidents de trajet et de 9,4 % pour l’ensemble des deux catégories. Ces résultats sont encourageants et confortent l’AAA dans la poursuite des efforts engagés en matière de prévention et dans le développement d’une véritable culture de sécurité.
Il convient toutefois de rester lucide : sept accidents mortels ont été enregistrés en 2025, contre cinq en 2024. L’objectif ultime de la VISION ZERO – zéro mort et zéro blessé grave – reste donc plus que jamais d’actualité. La deuxième campagne, qui se poursuit jusqu’en 2030, renforce notamment l’approche sectorielle afin d’identifier, avec les chambres professionnelles, les principaux risques propres aux différents secteurs et de mettre en place des mesures de prévention aussi ciblées qu’efficaces.
La situation financière de l’AAA permet également de dresser un bilan positif. Pour 2026, le taux de cotisation unique a pu être abaissé de 0,05 point pour atteindre 0,65 % de la masse salariale. Cette réduction représente une économie d’environ 20 millions d’euros par an pour les entreprises, tout en maintenant une couverture très étendue des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles. C’est un résultat dont nous pouvons nous réjouir, sans pour autant relâcher nos efforts en matière de prévention.
Claude SEYWERT
Lorsque je regarde le chemin parcouru, je mesure surtout l’ampleur des évolutions que j’ai eu la chance d’accompagner. J’ai consacré une grande partie de ma vie professionnelle à deux institutions essentielles de notre sécurité sociale, dans des fonctions qui m’ont permis de mesurer à la fois l’importance de leur mission et l’engagement des agents qui la font vivre au quotidien. Le Code de la sécurité sociale prévoit que le président de l’AAA préside également le CCSS. Cette double responsabilité m’a donné une vision particulièrement large du fonctionnement de notre système de sécurité sociale et m’a conforté dans une conviction : le service public doit avant tout être fiable, accessible et au service des assurés, des employeurs et des institutions partenaires.
Au fil des années, l’AAA a connu une transformation profonde. La réforme de l’assurance accident entrée en vigueur en 2011 a constitué une étape majeure en modernisant le régime et les modalités d’indemnisation. Mais l’évolution la plus importante à mes yeux concerne peut-être la place prise progressivement par la prévention. L’AAA n’est plus seulement perçue comme l’institution qui intervient lorsqu’un accident s’est produit ; elle agit de plus en plus en amont pour éviter qu’il ne survienne.
L’évolution sur le long terme est à cet égard encourageante : depuis 2011, le taux de fréquence cumulé des accidents du travail et des accidents de trajet est passé de 5,75 % à 3,00 % en 2025, soit une diminution de près de 48 %. Cette évolution est le résultat d’efforts collectifs menés dans la durée par l’ensemble des acteurs concernés. Le lancement de la stratégie nationale VISION ZERO en 2016 a donné une impulsion supplémentaire à cette démarche en réunissant pouvoirs publics, partenaires sociaux, entreprises et salariés autour d’une ambition commune.
La modernisation de l’administration a été un autre fil conducteur. L’engagement dans une démarche d’amélioration continue a conduit, en 2019, à la certification ISO 9001:2015 de l’ensemble des activités de l’AAA. Cette certification n’était pas une fin en soi : elle traduisait surtout notre volonté de remettre régulièrement nos processus en question, de mieux structurer notre fonctionnement et d’améliorer en permanence la qualité du service rendu.
La pandémie a ensuite constitué une épreuve particulièrement révélatrice. Elle a montré combien une administration doit être capable de s’adapter rapidement, tout en garantissant la continuité de ses missions. Dans le même esprit, la transformation numérique a profondément changé notre manière de travailler et nos relations avec les clients-usagers. Le développement des services en ligne, notamment de la déclaration électronique des accidents illustre cette évolution. Pour moi, la numérisation n’a de sens que si elle simplifie concrètement les démarches et rend le service public plus rapide, plus transparent et plus accessible.
Je retiens également le déménagement dans la nouvelle Cité de la sécurité sociale en 2023, qui a permis de rapprocher les institutions, de renforcer les synergies et d’améliorer à la fois les conditions de travail et l’accueil des clients-usagers. Le développement du Forum Sécurité-Santé au Travail et le rayonnement croissant de l’AAA sur les plans national et international témoignent également du chemin parcouru.
Sur une période plus longue, l’évolution de la situation financière de l’AAA est également significative. Lors de l’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance accident en 2011, le taux de cotisation unique s’élevait à 1,15 %. Il a depuis pu être progressivement réduit pour atteindre 0,65 % en 2026, soit une diminution de plus de 43 %, tout en maintenant une couverture sociale de haut niveau.
Avec le recul, au-delà des réformes, des projets et des résultats obtenus, je retiens surtout la dimension collective de ce parcours. Aucun de ces résultats n’aurait été possible sans la compétence et l’engagement des collaboratrices et collaborateurs, le dialogue au sein des conseils d’administration et la coopération entre les différents partenaires. J’ai toujours considéré que la qualité du service public repose autant sur la solidité de ses institutions que sur les personnes qui les font vivre au quotidien.
Je porte donc un regard très positif sur le chemin parcouru. L’AAA et le CCSS ont considérablement évolué au cours de ces années et disposent aujourd’hui de bases solides pour poursuivre leur développement et répondre aux nouveaux défis qui se présenteront. C’est avec cette confiance dans leur capacité à continuer à évoluer que je quitte mes fonctions.